Formation Sylvopsychologie
02 Oct
Until 04 Oct

Formation Sylvopsychologie

Sud Seine-et-Marne 5 rue de la métairie 77710 Nanteau-sur-Lunain
Formation Sylvopsychologie
Sud Seine-et-Marne

Animé par :
Formateur

« Dans la forêt, je pars pour perdre mon esprit et retrouver mon âme. » John Muir

Les forêts, majestueuses et mystérieuses, ont toujours exercé une fascination profonde sur l’humanité. Depuis des temps immémoriaux, les hommes se sont tournés vers les bois pour y chercher refuge, inspiration, et même guérison.

À l’heure où ces écosystèmes vitaux sont menacés par de multiples pressions anthropiques, les forêts sont, dans le même temps, mieux comprises grâce aux avancées de la science, et de plus en plus plébiscitées par le grand public.

Issue de l’écopsychologie, discipline émergente qui explore les interactions entre l’être humain et son environnement naturel, la sylvopsychologie, littéralement « psychologie de la forêt », s’attache à explorer les émotions, les perceptions, et les comportements des êtres humains en interaction avec les bois, ainsi que les effets psychologiques de cette interaction sur notre bien-être.

Ancrée dans l’étymologie même du mot « sylva », qui partage des racines communes avec le « sauvage », la sylvopsychologie nous invite à un acte de réensauvagement : celui de nos esprits et de notre rapport au monde. En franchissant le seuil de la forêt, nous acceptons de nous laisser transformer par ce qu’elle a à nous révéler sur nous-mêmes : nos peurs, nos aspirations, et cette part de nature que nos sociétés modernes ont trop longtemps oubliée.

Cette formation de 3 jours en immersion vous fera parcourir un chemin en trois temps : comprendre d’où viennent nos imaginaires de la forêt et l’histoire commune qui nous y lie, éprouver ce que la forêt fait concrètement à nos corps et à nos psychés lorsque nous y séjournons, et enfin apprendre à faire entrer ses logiques dans nos vies pour mieux les réensauvager.

Pour qui ?

Cette formation a été conçue pour tout public désireux d’explorer l’impact psychologique des forêts sur nos vies, ainsi que l’impact de nos psychés sur la santé des forêts.

  • Éducateurs en environnement : Pour développer des activités pédagogiques basées sur la sylvopsychologie et sensibiliser les élèves à la conservation des forêts.
  • Praticiens de sylvothérapie (bains de forêt) : Pour approfondir leurs connaissances et techniques, et mieux comprendre les effets psychologiques et émotionnels des bains de forêt sur les participants.
  • Étudiants en psychologie : Pour explorer une nouvelle dimension de la psychologie et envisager des projets de recherche en sylvopsychologie.
  • Chercheurs en écopsychologie et disciplines connexes : Pour approfondir les connaissances et développer de nouvelles études sur les effets psychologiques des forêts.
  • Agents forestiers et gestionnaires d’espaces naturels : Pour comprendre les dimensions psychologiques et émotionnelles de leur travail de conservation.
  • Militants écologistes : Pour enrichir leurs arguments en faveur de la conservation avec des preuves des bienfaits psychologiques des forêts.
  • Individus en quête de bien-être : Pour ceux qui cherchent à améliorer leur santé mentale et émotionnelle grâce à une connexion plus profonde avec la nature.

Pré-requis

  • Intérêt pour la connexion entre la nature et la santé mentale : Une motivation personnelle pour explorer et comprendre cette relation est cruciale.
  • Engagement envers la conservation de la nature : Une volonté de contribuer à la préservation des écosystèmes forestiers et à la promotion d’une relation durable avec la nature.
  • Condition physique adaptée : Capacité à participer à des activités en extérieur qui peuvent nécessiter une marche prolongée ou d’autres formes d’exercice modéré.
  • Ouverture à l’expérimentation personnelle : Disposition à participer à des expériences pratiques et réflexives en forêt.

Objectifs pédagogiques

Compréhension des fondements de la sylvopsychologie :

  • Définir la sylvopsychologie : Comprendre la discipline, ses origines, et ses objectifs.
  • Compréhension des fondements de la sylvopsychologie : Identifier les spécificités de la sylvopsychologie par rapport à l’écopsychologie générale.

Exploration des effets psychologiques des forêts :

  • Identifier les bénéfices psychologiques : Reconnaître les bienfaits du temps passé en forêt sur le stress, l’anxiété, et l’humeur.
  • Analyser les mécanismes sous-jacents : Étudier les raisons pour lesquelles la forêt a ces effets apaisants (ex. biophilie, réduction du stress par la nature).

Influence culturelle et symbolique des forêts :

  • Étudier les représentations culturelles : Analyser les contes, mythes, et légendes impliquant les forêts.
  • Comprendre l’impact sur les perceptions : Évaluer comment ces représentations culturelles affectent notre vision des forêts et notre relation avec elles.

Relation émotionnelle et comportementale avec les forêts :

  • Explorer les émotions et perceptions : Découvrir comment les individus perçoivent les forêts et les émotions qu’elles suscitent.
  • Évaluer les comportements : Comprendre comment les interactions avec les écosystèmes forestiers influencent les comportements humains (ex. pratiques de conservation, engagement environnemental).

Promotion de la conservation des forêts :

  • Valoriser l’importance des forêts : Apprécier l’importance émotionnelle et psychologique des forêts pour encourager leur préservation.
  • Développer des stratégies de conservation : Concevoir des approches pour protéger les forêts face aux menaces telles que la déforestation et le changement climatique.

Modalités pédagogiques

  • Présentation de concepts théoriques
  • Immersions en forêt
  • Exercices pratiques de bains de forêt
  • Analyse de cas pratiques
  • Discussions et réflexions de groupe
  • Journaux d’observations

Modalités de validation

  • Assiduité
  • Tenue d’un journal d’observation
  • Feedbacks de groupe
  • Élaboration d’une feuille de route personnelle post-formation
  • Certificat remis en fin de formation

PROGRAMME DE LA FORMATION

JOUR 1 : La place de la forêt dans notre rapport au vivant

MATIN

Introduction

Cette première séquence est un seuil. Nous nous retrouvons pour nous présenter, partager nos intentions et les histoires qui nous ont menés ici, et poser ensemble les fondations de ces trois jours. La sylvopsychologie y sera introduite dans ses grandes lignes : ses origines dans l’écopsychologie, ses objets d’étude, ses ambitions. Entrer en formation, comme entrer en forêt, par un pas conscient.

La place de la forêt dans nos imaginaires

Sorcières et fées, loups et ermites, ténèbres et sanctuaires : la forêt peuple nos contes, nos peurs et nos rêves depuis que l’humanité raconte des histoires. Nous explorerons l’imaginaire sylvestre hérité, celui qui nous précède et qui, souvent à notre insu, façonne encore notre rapport aux bois. Comprendre d’où viennent nos représentations, c’est commencer à choisir celles que nous voulons habiter.

APRÈS-MIDI

Forêts et humains : panorama d’une histoire commune

L’histoire de l’humanité est inséparable de celle des forêts : elles nous ont nourris, abrités, fourni le bois de nos feux, de nos maisons, de nos bateaux, et nous les avons pourtant déboisées à un rythme sans précédent. Ce panorama retrace cette relation ambivalente, entre dépendance et déprédation, vénération et exploitation, pour mieux comprendre comment l’histoire de la forêt a façonné la nôtre, où nous en sommes aujourd’hui et ce que nous avons perdu en chemin.

Des approches spirituelles de la forêt très différentes de par le monde

Là où nos sociétés occidentales ont longtemps considéré la forêt comme une ressource à exploiter ou un décor à contempler, d’autres peuples entretiennent avec les arbres une relation d’appartenance, voire de parenté. À travers les ontologies amérindiennes, shintoïstes ou animistes, nous explorerons des manières radicalement autres de « faire forêt », et ce qu’elles peuvent nous apprendre sur nos propres impensés culturels.

SOIRÉE

Projection : « Le chant des forêts »

À la tombée du jour, nous nous laissons guider par le regard de Vincent Munier, photographe et cinéaste du vivant dont l’œuvre est un acte de contemplation autant que de résistance. Ce documentaire nous invite à voir la forêt autrement, dans sa profondeur, sa discrétion, sa beauté. Une plongée visuelle et sonore pour préparer le corps et l’esprit à une immersion plus profonde dès le lendemain.

JOUR 2 : Ce que la forêt bouge en nous

MATIN

Sciences et bienfaits objectifs de la forêt

Shinrin-yoku, phytoncides, réduction du cortisol, stimulation des cellules NK : les sciences de la santé ont commencé à mettre des mots et des chiffres sur ce que les corps savent depuis toujours. Nous ferons un point rigoureux sur l’état de la recherche concernant les effets mesurables de l’exposition forestière sur notre santé physique et mentale, sans naïveté, mais sans fausse prudence non plus.

Qu’allons-nous chercher de nous quand nous entrons en forêt ?

Si nous allons en forêt, ce n’est pas seulement pour ce qu’elle est, c’est pour ce qu’elle fait de nous. La forêt est l’un des rares espaces qui résiste encore à notre emprise : on ne la parcourt pas, on s’y perd ; on ne la maîtrise pas, on s’y soumet. En franchissant son seuil, nous quittons la temporalité de la performance et de l’utilité pour entrer dans celle, lente et non linéaire, du vivant. Nous y cherchons une altérité, celle des êtres non-humains qui peuplent les sous-bois, capable de nous sortir de notre solipsisme ordinaire. Et peut-être surtout, nous y cherchons ce que le sociologue Hartmut Rosa appelle la résonance : cette qualité d’une relation au monde où l’on n’est plus seulement sujet agissant, mais être affecté, traversé, transformé. La forêt ne nous répond pas : elle nous fait vibrer autrement.

APRÈS-MIDI

Les forêts naturelles au secours de nos angoisses existentielles

Irvin Yalom a identifié quatre angoisses fondamentales qui traversent toute existence humaine : la mort, la liberté, l’isolement existentiel et l’absence de sens. La forêt naturelle, non gérée, vieillissante, fourmillant de vie et de décomposition simultanées, offre à chacune de ces angoisses un miroir singulier. Face à un hêtre pluricentenaire, la mort cesse d’être une menace abstraite pour devenir un maillon visible dans un cycle que rien n’interrompt. L’absence de rôle social qu’impose la forêt nous confronte brutalement à notre liberté, et à la responsabilité qu’elle implique. Le silence des sous-bois, loin d’aggraver notre sentiment d’isolement, le déplace : nous sommes seuls, mais au milieu d’une communauté du vivant immense et indifférente, ce qui n’est pas la même solitude. Quant au sens, la forêt ne le donne pas : elle fait mieux, elle nous rappelle que nous n’avons peut-être pas à en être les auteurs exclusifs, mais les participants.

SOIRÉE

Ressentis et représentations nocturnes de la forêt

La nuit change tout. La forêt que nous avons traversée le jour devient un autre territoire, sonore, opaque, peuplé de présences que l’on devine plus qu’on ne voit. Nous explorerons les représentations psychiques que la forêt nocturne a toujours convoquées : peurs archaïques, émerveillement, humilité sensorielle. Une invitation à apprivoiser l’ombre intérieure que l’obscurité des bois sait si bien révéler.

JOUR 3 : S’enforester

MATIN

Comment réensauvager nos vies : pour une émancipation sylvomimétique

La forêt ne nous demande pas de l’imiter, mais de nous en inspirer. La sylvomimétique, penser et agir en prenant la forêt pour modèle, est une invitation à réensauvager nos existences : accepter nos propres cycles, cultiver l’interdépendance, faire de la lenteur une vertu plutôt qu’un manque. Cette dernière matinée, en forêt, explore comment les logiques forestières peuvent irriguer concrètement nos vies personnelles et professionnelles.

APRÈS-MIDI

Élaboration d’un arbre de vie pour penser la poursuite de son enforestation

Comment faire de cette formation un commencement plutôt qu’une parenthèse ? L’arbre de vie est un outil de visualisation personnelle : identifier ses racines (ses héritages, ses valeurs profondes), son tronc (ses ancrages actuels), ses branches (ses aspirations) et ses fruits (ce que l’on souhaite transmettre). Chacun construira le sien, comme une feuille de route vivante pour continuer à s’enforester après le retour.

Temps de retour collectif

Avant de franchir le seuil en sens inverse, nous prenons le temps de nommer ce qui a bougé, ou ce qui a été confirmé. Ce temps de retour collectif n’est pas une clôture mais une ouverture : l’occasion de partager ce que chacun emporte avec soi, de formuler des engagements, et de tisser ensemble les fils d’une communauté qui peut continuer à vivre au-delà de ces trois jours.

Tarif

La formation se déroule du 2 octobre (9h) au 4 octobre (16h30) 2026. Le coût de cette formation est de 300 euros par personne pour 3 jours, hors frais de bouche et d’hébergement.

Un supplément de 195 euros par personne vous sera demandé pour une pension complète : 3 nuits en gîte (arrivée possible dès le 1er octobre au soir), 3 petits-déjeuners, 3 déjeuners et 2 dîners servis par un traiteur bio, local et végé (le dîner du 1er au soir n’est pas prévu, et il n’y a pas de dîner le 4, les stagiaires repartant en fin d’après-midi). La seule chose qui vous sera demandée sera de ramener un duvet et une serviette.

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